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Témoignages

St Barthélémy Picon/Busserine, Babel & Prado: Michel Seban, Bernard Mauplot, Jean Luc Perez

Michel Seban - Architecte Urbaniste

Questions à Babel & Prado architectes urbanistes sur le PRU de Saint Barthélémy

Quel est votre rôle dans le PRU de St Barthélémy III / Picon / Busserine ?

Nous sommes les architectes urbanistes du projet de rénovation du quartier.

Marseille Rénovation Urbaine nous a confié, en 2011, les études visant à la conception du « plan guide » , qui a permis de contractualiser le porjet avec l'ANRU en novembre 2011, puis des avant projets portant sur les principaux espaces publics. Nous conduisons également, en tant qu’architectes, et pour le compte de LOGIREM, la réhabilitation d’une partie des immeubles du quartier Busserine, outre la construction d'une cinquantaine de nouveaux logements et le réaménagement des espaces extérieurs.

Le projet peut il encore évoluer?

Par nature ! Le projet, c’est ce que l’on projet de faire.  C’est une ambition qui se confronte chaque jour au réel, sans cesse en mouvement.

Il porte en lui le poids d’une histoire lourde (ou riche,) de conséquences. Mais l’espace urbain est loin d’être figé. Avec ses habitants, la cité bouge, se transforme, améliore son cadre de vie en défendant ce qu’il y a de bien, en se réinventant aussi. C’est pourquoi la concertation avec les habitants du quartier est nécessaire à ce processus d’évolution du projet.

Notre rôle dans ce mouvement continu est de définir les invariants du projet sans lesquels l’objectif que se sont fixés tous ses acteurs ne pourraient être atteints.

Quel est l'objectif de ce projet?

Il tient en quelques mots : Améliorer-la-qualité-de-vie-quotidienne-des-habitants.

Il a pour ambition de re- lier le quartier au reste du territoire marseillais en profitant de la dynamique de la couverture du boulevard Salvador Allende, (la L2) principale infrastructure routière génératrice de l’isolement du quartier.

Les objectifs du projet sont bien sur multiples et recouvrent des enjeux urbains, sociaux et économiques.

Plutôt que de grandes mutations, l’ambition de ce projet est de créer de nouvelles ambiances, plus urbaines, plus soignées, plus confortables, comme un nouveau vocabulaire de l'espace du quartier, afin d'en révéler les qualités préexistantes, aujourd'hui invisibles.

Pour ce faire nous nous appuyons d’abord sur des pratiques et des usages existants, pour les valoriser et les rendre plus confortables, puis nous essayons de créer des connexions avec le reste de Marseille, de soigner l’espace public, de proposer une offre de logement dont les standards correspondent aux besoins des habitants, en favorisant la mixité sociale dans le quartier, en intégrant des équipements de proximité, en proposant des espaces de loisirs.

 Plus précisément ?

Concrètement : Hiérarchiser les parcours de chacun et les pratiques collectives, revitaliser et valoriser l’identité du quartier, faire « disparaitre » les traces de la L2. Trois idées qui se traduisent par trois formes urbaines structurantes :

·         La grande rue, (Mattei) : concentrer, sur un axe traversant le quartier d’est en ouest de commerces, d’équipements et de logements, porteur d’une forme de centralité

·         Le quartier sportif, ou le regroupement, sur un axe nord / sud, de terrains et équipements dédiés au sport et à l'éducation sportive, ainsi que le nouveau groupe scolaire du quartier

·         Le parc urbain actif, qui fait descendre la colline de La Benausse et sa végétation dans le quartier et relie la Busserine, Picon , Fontvert et la Benausse.

Ce faisant, inscrire le projet dans la géographie de la colline et du vallon, tenir compte de l'hydrologie, de la biodiversité et du monde végétal dans une perspective durable.

 Comment, en tant qu'architecte, concevez-vous la rénovation urbaine?

C’est le contraire de la page blanche. Cela suppose de comprendre les relations qu’entretient le quartier avec les multiples pièces du puzzle urbain, leur fonctions et leur contenu social.

Bien sur, intervenir dans de tels quartiers conduit à améliorer les relations entre le logement, le bâtiment et la rue, mais pas seulement.

La rénovation urbaine aboutit généralement à la réhabilitation des immeubles, à la création d’espaces verts, à l’implantation d’équipements, de liaisons piétonnières, et à la résidentialisation des immeubles de logement… elle est nécessaire parce qu’elle cherche à réduire les entraves à un bon fonctionnement de la vie sociale et permet d’intervenir sur le cadre physique de la vie quotidienne. Elle valorise le quartier ce qui peut faciliter le développement économique, mais ne résout pas tout.

La brutalité des conditions du développement de ces quartiers ont entrainé un certain nombre de déséquilibres de la ville, aussi bien dans ses structures que dans ses fonctions. (Déséquilibre emploi-habitat, dans la composition de la population, dans la répartition des équipements, dans l'accés à l'emploi).

Le problème qui nous est posé est de déterminer les moyens qui s’offrent à nous, architectes, urbanistes, pour améliorer cette situation.

Analyser et comprendre le fonctionnement du quartier et son appréciation sociale : les différences de population génèrent des genres de fréquentation spécifiques des espaces et des lieux, des appropriations qu’il convient de prendre en compte.

Nous cherchons à affiner une perception souvent manichéenne de la réalité des quartiers dégradés. Ils recèlent une diversité de pratiques et d’appréhension de l’espace et du cadre de vie de la part des habitants qu’il nous faut apprendre à chaque fois. La pratique sociale n’est pas superposable à l’espace construit. Elle impose la modestie aux architectes et urbanistes.

C'est aussi pour cela que nous revendiquons une approche sensible et culturelle de ces quartiers, que nous appréhendons à travers les regards croisés des citadins, des acteurs institutionnels, des sociologues, des associations, et des personnalités politiques.

 

 

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